Scénographie

L’ambition de l’exposition « Dalí. Une histoire de la peinture » est de montrer une facette moins connue de l’artiste. Au-delà du personnage public et de ses extravagances médiatiques, se trouve un peintre virtuose, passionné par l’histoire de l’art et la tradition picturale des grands maîtres de la Renaissance. La sincérité de sa démarche intellectuelle et artistique est essentielle pour comprendre sa création et l’exposition se devait de refléter cet aspect.


« Il est impossible de comprendre ma peinture sans connaître Portlligat », Salvador Dalí.

Les lieux racontent une histoire. C’est l’impression que William Chatelain, scénographe au  Grimaldi Forum Monaco a ressenti lors de sa visite de la maison-atelier de l’artiste situé à Portlligat.  A l’origine, une modeste cabane de pêcheur achetée par l’artiste en 1930 qu’il fera évoluer au fil des années selon ses envies et souhaits architecturaux pour aboutir en 1972 à une résidence étonnante, à l’image du couple Dalí-Gala.

Cet atelier sédentaire où l'artiste n’a cessé de créer a véritablement guidé le parcours de « Dalí. Une histoire de la peinture ». Dans la réflexion menée sur la scénographie, il sera donc situé au cœur comme un noyau fondamental et incontournable, entouré d’une photographie panoramique illustrant la baie, les rochers, l’horizon entre ciel et mer, la lumière qui ont tant façonné et inspiré le peintre.

Tel le refuge de ses recherches formelles,  l’atelier nourri de tirages photos noir & blanc va prendre place au milieu des chefs-d’œuvre répartis, salle par salle, suivant les différentes étapes de sa création : depuis ses premiers paysages, influencés par les avant-gardes européennes comme l’impressionnisme, le cubisme, l’abstraction, le surréalisme bien sûr dont il incarne l’une des figures emblématiques jusqu’à une production qui va évoluer vers un style personnel nourri d’expériences scientifiques, de références à la psychanalyse et à l’image du double. Au préalable, une section consacrée au Pop Art, illustrée par des films, des documents et des photographies, relate sa période d’exil aux Etats-Unis dans les années 1940 où Dalí est très populaire.

Une salle de l’exposition sera également dédiée au séjour de Dalí à la villa La Pausa de Coco Chanel à Roquebrune-Cap-Martin où il peint, en pleine guerre civile espagnole et à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, le sombre tableau Violettes impériales (1938). De même que des prêts complémentaires, des tirages photographiques et un livret illustré par Dalí pour les Ballets de Monte-Carlo en 1941-1942 témoigneront de la présence à plusieurs reprises de l’artiste à Monaco.

L’itinéraire s’achève par une salle consacrée aux 50 secrets magiques, prélude à la section dédiée aux grands maîtres qui vont orienter chaque étape de la création de Dalí comme Vermeer, Raphaël, Velásquez, Léonard de Vinci et Picasso dont il va revisiter l’œuvre afin d’affirmer à son tour sa place dans la grande histoire de l’Art. Comme les pages tournées et ouvertes d’un livre, quelques œuvres choisies et des documents montrent à quel point l’ancrage et la référence de Dalí pour ces grands artistes avaient du sens dans la genèse de son œuvre. 

Le caractère épuré de la scénographie fait référence aux murs blanchis à la chaux de Portlligat et à la « simplicité » du site. Quelques décrochages architecturaux animent les murs comme autant d’hommages rendus à ce lieu unique. Des ouvertures créées sur un « extérieur », quelques mises en perspective donnent la direction de la visite et dirigent le regard.

Un autre postulat qui a nourri la réflexion scénographique est le lien profond qui unit l'œuvre et la vie de Dalí. Il semblait indispensable de fournir aux visiteurs, tout au long du parcours chronologique de son œuvre, le contexte historique et biographique de chacune des étapes de création abordées pour mieux percevoir les influences, les innovations, les ruptures et ainsi mettre en scène les œuvres de manière plus solennelle et contemplative.

Chaque espace « didactique » sera traité en bleu – jaune – vert – parme – orange telles des vibrations de couleur que l’artiste aimait à intégrer dans sa palette. Un choix de citations, de documents photographiques et d’extraits vidéos ponctueront aussi le parcours.

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Pour en savoir plus sur la maison de Salvador Dalí à Portlligat, cliquez ici.

Pour en savoir plus sur le Théâtre-Musée de Figueres, cliquez ici.

De l’exercice du regard à l’immersion numérique



La visite de l’exposition se clôturera par la projection de « Dreams of Dalí », une installation de réalité virtuelle créée par le Dalí Museum de St-Petersburg en Floride à partir du tableau Réminiscence archéologique de l’Angelus de Millet peint par Dalí en 1934- tableau non exposé mais significatif de sa période surréaliste.


« Dreams of Dalí »
Une installation de réalité virtuelle créée par le Dalí Museum de St-Petersburg en Floride à partir du tableau
Réminiscence archéologique de l’Angélus de Millet peint par Dalí vers 1934

Devant le chef-d’œuvre de Dalí le Spectre du Sex-Appeal (1934), exposé dans la salle du Trésor du Théâtre-Musée de Figueres, les visiteurs passent un à un … le tableau ne mesurant que 18 x 14 cm ! Pour mettre en valeur le travail miniaturiste de Dalí, la technologie en ultra haute définition (dite « en gigapixel ») est apparu comme une évidence.

Le dispositif mis en place dans l’exposition grâce à l’expertise de la société Buzzing Light offre une expérience mémorable. Les visiteurs ont la possibilité d’explorer de manière numérique et en très haute qualité deux œuvres de Dalí : celle évoqué précédemment, « Le Spectre du Sex-Appeal », et une toile conservée au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía de Madrid, « La mémoire de la femme-enfant » (1929) qui est un résumé saisissant de l’iconographie dalinienne. Depuis une interface de navigation tactile, le visiteur explore les œuvres dans leurs moindres détails, les images laissant apparaître jusqu’aux jeux de matières, coups de pinceau, craquelures et autres détails difficiles à observer à l’œil nu. Au fil de l’exploration des images, des notices explicatives sont localisées pour dévoiler quelques-uns des secrets des œuvres.

Au-delà de l’émerveillement esthétique qu’elle procure, cette expérience ludique ne perd pas de vue son intérêt scientifique et invite les visiteurs à retourner admirer les œuvres originales avec un regard nouveau.

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